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1946. « La Bataille du rail » triomphe sur les écrans

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Palourde29

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1946. « La Bataille du rail » triomphe sur les écrans

Message par Palourde29 le Jeu 20 Avr - 11:24

  1946. « La Bataille du rail » triomphe sur les écrans
©   20.04.2017


Erwan Chartier-Le Floch




L’une des scènes les plus impressionnantes du film évoque le déraillement de l’un des douze trains de la bataille de Normandie. Photos DR


Tournée en grande partie dans le Trégor, « La Bataille du rail » de René Clément est l’un des grands succès cinématographiques de la Libération. Elle rend hommage aux cheminots dans la Résistance et constitue l’un des chefs-d’œuvre du cinéma néoréaliste français. La scène réelle du déraillement d’un train allemand à Trégrom a particulièrement marqué les esprits.

Tourné sans vedettes ni grands moyens financiers, le film « La Bataille du rail » a cependant connu un véritable succès populaire indéniable, en France comme à l’étranger et a consacré René Clément comme l’un des meilleurs réalisateurs de l’après-guerre. En 1946, il obtient ainsi le Prix de la mise en scène et le Prix du jury à Cannes. Son film constitue un hommage émouvant à l’engagement des cheminots dans la Résistance et plusieurs de ces scènes ont été tournées en Bretagne, particulièrement dans le Trégor. 

Résistance Fer 

Fondée à la fin 1944, l’organisation Résistance Fer avait pour but de venir en aide aux cheminots et à leurs familles touchés par la répression allemande et de reconnaître leur action comme réseau à part entière des forces de l’intérieur. Dès les débuts de l’Occupation, de nombreux cheminots multiplient, en effet, les actes de résistance à l’occupant. Créée par une loi de 1937, la SNCF rassemble l’essentiel du réseau ferré français et, dans un pays vaincu et divisé en différentes zones, constitue - encore - l’un des rares services publics fonctionnant sur une grande partie du territoire (le département du Nord étant rattaché à la région de Bruxelles, l’Alsace-Lorraine au Reich, la Savoie et Nice à l’Italie). 
Petit à petit, les actes de résistance s’amplifient afin de désorganiser les transports de l’occupant. Après la Libération, les dirigeants de Résistance Fer envisagent de réaliser un documentaire sur l’action des cheminots. Résistant lui-même, le chef opérateur Henri Alekan leur propose le nom de René Clément qui connaît déjà bien le monde du rail. Pendant plusieurs mois, en 1944 et 1945, ce dernier collecte des témoignages, mis en forme par l’écrivaine Colette Audry. Il fait des repérages un peu partout, notamment en Trégor. 

René Clément entre en scène 

René Clément réalise un premier documentaire qui suscite l’enthousiasme des commanditaires. Ils lui proposent d’en faire un long-métrage. Une seconde partie, mieux scénarisée, doit évoquer l’action de la Résistance pour ralentir les trains de ravitaillement allemands pendant la bataille de Normandie, principalement celui de douze trains protégés par un train blindé, le convoi « Apfelkern ». 

Les moyens sont limités, mais Résistance Fer lance la Coopérative générale du cinéma français qui collecte des fonds auprès des cheminots. La SNCF accepte de mettre ses moyens à disposition. Des pièces venant de tout l’Hexagone sont rassemblées à la gare Montparnasse et sont mises à disposition. De nombreuses gares sont mobilisées pour tourner des scènes qui doivent présenter une vision générale de la vie ferroviaire pendant l’Occupation. Ainsi, en ouverture du film, la voix annonce la gare de Chalon-sur-Saône, mais c’est celle de Saint-Brieuc qui apparaît à l’écran. 
René Clément choisit de filmer in situ, avec de nombreux figurants venus des cheminots, ce qui donne au film un côté réaliste indéniable. Ainsi, les scènes de tir sont à balles réelles, les munitions à blanc étant bien plus rares à l’époque que les vraies balles ! Du matériel allemand capturé est également employé. Un acteur, qui jouait le rôle d’un cheminot allemand, se souvient d’avoir dû recevoir des coups assez sévères de la part de collègues qui n’avaient rien perdu de leur fougue à l’encontre de l’occupant… 

Le déraillement de Trégrom 

L’une des scènes les plus impressionnantes du film évoque le déraillement de l’un des douze trains de la bataille de Normandie. La ligne Lannion-Plouaret est choisie pour la tourner. On effectue des travaux sur 200 mètres, à Trégrom, afin de dévier le convoi vers la vallée du Léguer. Il faut préparer la voie, mais, pendant trois jours, la pluie empêche le tournage et les membres de l’équipe n’ont droit qu’à un seul essai. Et pour cause ! La scène est finalement filmée en conditions réelles. Le train arrive à plus de 70 km/h et déraille, projetant dans la campagne trégorroise ses wagons et des chars allemands qui sont réellement détruits. Aucun trucage donc, dans cette séquence qui fait de  « La Bataille du rail » l’un des chefs-d’œuvre du cinéma réaliste de l’après-guerre. 

Accident spectaculaire à Lannion 

Dans ces conditions, le tournage ne se fait pas sans frayeurs… Un wagon transportant un camion et du matériel de cinéma se détache ainsi du convoi principal de l’équipe. Il accélère tout seul et franchit sept passages à niveau non fermés. Les cheminots de Lannion ne parviennent pas à le ralentir et il finit par se fracasser sur un butoir de la gare, puis atterrit sur la place du marché de Lannion, ne provoquant, par miracle, aucun blessé ! En Bretagne comme ailleurs, « La Bataille du rail » provoque une énorme fierté chez les cheminots et attire le public en masse, malgré la tiédeur de certaines salles à le programmer. La critique, de tous bords, est unanime, même à l’international où l’œuvre de René Clément remporte un beau succès, tant aux États-Unis qu’en URSS, où elle sera le seul film français programmé de 1947 à 1954… 
Pour en savoir plus : Historail n°19, octobre2011, spécial « La Bataille du rail ».













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fanch

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Re: 1946. « La Bataille du rail » triomphe sur les écrans

Message par fanch le Jeu 20 Avr - 14:08

  Très bon film !  à voir et revoir
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