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Alain Vidalies laisse un bilan solide et quelques déceptions

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BiBi35
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Alain Vidalies laisse un bilan solide et quelques déceptions

Message par BiBi35 le Mer 10 Mai - 12:58

Alain Vidalies laisse un bilan solide et quelques déceptions
10 mai 2017 | par Marc Fressoz
Secrétaire d'État aux Transports durant trois ans, Alain Vidalies abandonnera son portefeuille ministériel la semaine prochaine. L'occasion de faire un bilan de l'action de ce ministre qui n'était pas du tout préparé à s'occuper des questions de mobilités. Si celui-ci a mené à son terme la refonte de l'offre Intercités, il a montré peu d'entrain à mettre en œuvre l'ouverture à la concurrence des TER...


Les novices en matière de transports ne font pas toujours les pires ministres. Nommé le 26 août 2014 après avoir été secrétaire d’État aux relations avec le Parlement, Alain Vidalies sera finalement resté jusqu’à la fin du quinquennat de François Hollande comme secrétaire d’État aux Transports.

Alors que certains de ses anciennes collaboratrices auraient imaginé ce juriste dans l'habit d’un ministre du Travail pour élaborer ce qui est devenu la loi El Khomri, ce landais s'est passionné pour les questions de mobilités dont il ne soupçonnait pas toutes les dimensions.

Près de trois ans, c’est le temps de laisser une trace à la tête d’un maroquin compliqué et harassant où les urgences (conflits sociaux, intempéries, accidents, etc.), viennent toujours télescoper les sujets de fond. Alors quel bilan ?

De lourds dossiers purgés


De son passage, on retiendra d’abord la forme, annonciatrice du fond. Succédant au jeune ministre débutant Frédéric Cuvillier qui a surpris par sa rhétorique IIIe République très ronflante, Alain Vidalies a tranché par son style inverse. Bien moins prolixe, plus parcimonieux dans ses interventions médiatiques, très structuré dans son approche et obstiné comme un landais pour certains, il n'aura pas été l'un des ministres les plus imaginatifs notamment pour ce qui concerne le sauvetage des trains de nuit.

Mais consultant beaucoup et bien entouré dans son cabinet, il s’est attaché à purger méthodiquement les dossiers compliqués les uns après les autres (SNCM, Air France, convention collective ferroviaire...) en réservant la primeur de l'annonce de ses grandes orientations au Parlement. Une méthode appréciée. Bref de la politique à l'ancienne au service du fond.

Avec la ministre de l'Environnement Ségolène Royal, Alain Vidalies a fini par trouver un modus vivendi pour que celle-ci, tournée vers la COP 21 et ses suites, n'empiète plus sur son territoire. En contrepartie, le secrétaire d'État s'est trouvé bien seul pour défendre des décisions comme la seconde série de sur-hausse des péages à venir, qui est directement liée au deuxième plan de relance autoroutier voulu par François Hollande en 2016. La ministre de l'Environnement, qui avait fait un coup en gelant les péages en 2015 au nom du pouvoir d'achat, était cette fois-ci aux abonnés absents.

Une clarification salutaire pour les TET

A quelle réforme Alain Vidalies laissera son nom ? Dans le ferroviaire, on retiendra à coup sûr celle des trains d'équilibre du territoire (TET) qui a établi une clarification salutaire pour redonner une chance à ces lignes "coincées" entre l'offre TGV et celle des TER. Aux Régions (toutes n'ont pas signé), les lignes TET inter ou intra-régionales ; à l'État, les lignes structurantes.

Cette réforme institutionnelle, bouclée fin 2016, s'est accompagnée d'un effort financier supplémentaire de l'État pour l'achat de nouveaux trains qui, aux yeux du public, concrétiseront le renouveau annoncé. Il faudra cependant que le nouveau gouvernement trouve la recette miracle pour que l'AFITF puisse faire face à ces engagements (3,5 milliards d'euros). Les discussions pragmatiques avec Régions de France ont entériné un nouvel état d'esprit constructif qu'on n'aurait pas imaginé entre un gouvernement de gauche et des Régions de droite.

Reste que celui-ci n'est pas allé jusqu'au bout. La préparation de l'ouverture à la concurrence du TER, qu'Alain Vidalies fixe à 2023 dans sa lecture du quatrième paquet ferroviaire, est restée en plan. Certains auraient espéré que le quinquennat s'achève avec une loi technique préparant Région par Région le terrain à une expérimentation, le tout accompagné d'un volet social. Socialiste orthodoxe, Alain Vidalies n'a jamais montré une grande appétence pour la libéralisation des services.

Des filouteries nécessaires

Concernant la réforme ferroviaire du 4 août 2014 défendue au Parlement par son successeur, Alain Vidalies en a assuré le service après-vente. Formellement, il n'y a rien à redire : tous les décrets et tous les rapports attendus ont finalement été publiés même si l'exercice s'est déroulée avec quelques filouteries nécessaires comme la publication in extremis de la règle d'or afin de pouvoir lancer pour de bon CDG Express, par exemple.

Mais, sur ce dossier, Alain Vidalies et le gouvernement ont laissé un goût amer. Le Parlement et l'Arafer se sont sentis court-circuités au sujet du fameux contrat de performance, adopté sans tenir compte des critiques. Certes pour la première fois, le gestionnaire du réseau, SNCF Réseau, bénéficie de ressources financière pluriannuelles et ne financera plus les LGV et autre nouveau projet.

De plus, la question des efforts de gestion du groupe SNCF reste floue. Et celle du désendettement est renvoyée à ce nouveau quinquennat. Sur le fond, la réforme institutionnelle ne sauve pas encore le rail public. Le secrétaire d'État a parfois donné le sentiment d'être le reflet d'une administration du ministère et d'être ainsi en défense face à la nouvelle donne institutionnelle (transparence, régulateur, etc.) qui lui ôte un peu de son pouvoir sur la SNCF.

En conflit avec Pepy

En réalité, le point d'orgue de son action politique s'est joué sur le volet social de la réforme ferroviaire, lors de la crise aigue mi-2016 entre le président de la SNCF Guillaume Pepy et l'exécutif. Le cabinet d'Alain Vidalies avait repris les choses en main à propos de l'accord d'entreprise que la SNCF n'avait pas été capable de faire aboutir. La crise avait failli aboutir à la démission de Guillaume Pepy qui s'est finalement ravisé. Depuis, le président de la SNCF fait profil bas. Reste qu'aujourd'hui, l'inoxydable Guillaume Pepy est celui qui, une fois de plus, regarde passer les ministres.

Alain Vidalies, qui avait également compétence sur la mer, a aussi vu son champ de compétence s'étendre. Héritant du dossier explosif des taxis et des VTC qui était auparavant traité en interministériel, Alain Vidalies a travaillé en lien avec le député Grandguillaume pour faire émerger un nouveau cadre légal. Enfin, soucieux de résoudre le conflit entre Uber et les conducteurs, il a supervisé fin 2016 une médiation.

Qu'a-t-il manqué au secrétaire d'État aux Transports ? Sans doute le titre de ministre.
lain Vidalies est resté au secrétariat d'État d'août 2014 à mai 2017.




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albino
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