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Edouard Philippe, une vision portuaire et ferroviaire des transports

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BiBi35
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Edouard Philippe, une vision portuaire et ferroviaire des transports

Message par BiBi35 le Ven 19 Mai - 12:56

Edouard Philippe, une vision portuaire et ferroviaire des transports
19 mai 2017 | par Marc Fressoz

Âgé de 46 ans, maire du Havre depuis 2010, Edouard Philippe va diriger le premier gouvernement du quinquennat d'Emmanuel Macron. © Ville du Havre.

Un Premier ministre issu "d’une ville portuaire" normande, c’est ainsi qu’Edouard Philippe s’est présenté lors de la passation de pouvoir avec  son prédécesseur Bernard Cazeneuve, le 15 mai 2017.

Et cette origine pourrait influencer la politique des transports du gouvernement qu'il dirigera. Député-maire Les Républicains du Havre, premier port français pour les conteneurs, cet énarque de 46 ans, petit-fils de docker, a naturellement un tropisme prononcé pour les marchandises et la logistique.

Les milieux économiques portuaires havrais apprécient, en effet, sa connaissance de leurs problématiques, de leurs enjeux d'entrepreneurs, quand d'autres élus normands comme Philippe Duron, qui ont été influents dans le secteur du transport durant le précédent quinquennat, ont d'abord développé une approche institutionnelle.
 
Le Premier ministre partage la même approche que celle d’Arnaud Leroy, le député PS ayant rejoint Emmanuel Macron et qui, durant la campagne, s'est occupé des questions de mobilité et de transport.

Un Premier ministre sensibilisé au fret ferroviaire

Avec Edouard Philippe, le secteur du fret ferroviaire n'aura nul besoin de passer du temps à convaincre le nouveau locataire de Matignon à s'intéresser à cette activité, alors que les politiques sont naturellement enclins à s'emparer des dossiers ferroviaires de voyageurs, qui sont aussi des électeurs. Comme le répètent souvent les professionnels du fret pour se consoler, les marchandises ne votent pas.

Parmi les sujets qu’il a défendus en tant qu'élu du Havre figure l’électrification de la ligne de fret ferroviaire Serqueux-Gisors. Prévue en 2020, elle doit permettre au Havre d'augmenter son hinterland et son trafic en contournant le nœud de l'Île-de-France. L'objectif ? Massifier davantage les flux terrestres de marchandises, alors que le Havre, qui dépend à plus de 80% du camion, présente une grande fragilité. C'est vital pour le port, gisement d'emplois fantastique.

Ce chantier, contesté par certains riverains, est un des dossiers engagés par SNCF Réseau. On imagine que le Premier ministre aura a à cœur d'éviter que le calendrier du chantier dérape pour diverses raisons (arbitrages budgétaires, etc.).

La deuxième trait est qu’étant normand Edouard Philippe ne cherchera pas à faire sa LGV. Pour cause, la Normandie n’a pas de plan en ce sens, mais un projet de ligne nouvelle, non moins coûteuse, appelée LN Paris Normandie. Phasée, elle prévoit un premier tronçon Paris-Mantes et est défendue par  tous les élus normands dont Hervé Morin, le président UDI de la région Normandie.

Le canal Seine-Nord, un projet de "tous les excès" ?

La grande interrogation sur le sujet infrastructure sera le degré de soutien qu'Edouard Philippe apportera en tant que Premier ministre à la réalisation du canal Seine-Nord, cofinancé par Buxelles, l'AFITF et les collectivités locales.

Maire du Havre, Edouard Philippe n'a cessé de dénoncer ce projet de "tous les excès", considéré comme une ânerie. Il le jugeait coûteux, inutile et nocif pour les ports de l'axe Seine au motif qu'en ouvrant une connexion fluviale grand gabarit entre l'Oise et l'Escaut, la France allait se tirer une balle dans le pied. Pour celui qui faire figure de porte-parole de tout un secteur, cet ouvrage va permettre au port belge d'Anvers et à ses bateliers dont les coûts sont réputés plus bas, de venir concurrencer les ports français sur leur hinterland en aspirant leur trafic.

Reste qu'en tant que porte-parole d'Alain Juppé lors de la campagne des primaires de la droite, il a dû rallier le point de vue de son mentor qui défendait le projet. Il est également inscrit au programme d'Emmanuel Macron au motif notamment qu'il bénéficie d'un engagement de financement européen de 40% sur les 4,5 milliards d'euros qu'il serait dommage de perdre.

Depuis plusieurs mois, le dossier du Seine-Nord, défendu avec vigueur par Xavier Bertrand, le président LR des Hauts-de-France, a beaucoup évolué. En effet, le Premier ministre de l'époque, Bernard Cazeneuve, et Alain Vidalies se sont empressés d'installer la société de projet qui conduira le chantier. Ce qui a donné lieu à un jeu de chaises musicales au sein de l'administration centrale. Thierry Guimbaud, qui suivait le dossier ferroviaire à la DGITM, a été nommé directeur général de Voies navigables de France (VNF) à la place de Marc Papinutti, installé à la présidence de la société de projet de Seine Nord.

TER : vers une ouverture à la concurrence sans expérimentation ? 

Seule certitude, la question du financement de l'AFITF pour faire face à tous ses engagements – le Lyon-Turin étant un autre projet confirmé par Emmanuel Macron – devra être vite levé.

Le discours de politique générale qu' édouard Philippe prononcera bientôt devant l'Assemblée renseignera peut-être sur le programme ferroviaire. On peut imaginer que cet "homme de droite" comme il se qualifie lui-même en dira davantage sur l'ouverture à la concurrence du TER, le candidat Macron ne voulant pas d'une expérimentation préalable.
 
Reste à savoir aussi si le caractère de cet homme affable mais déterminé ne lui jouera pas des tours. Face à la contrariété, Edouard Philippe peut se révéler cassant, comme son mentor Alain Juppé, qui Premier ministre en 1995, avant tenté de réformer la SNCF et son régime de retraite spécial avec le succès que l'on sait.



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albino
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