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SNCF : billevesées, fariboles, balivernes et baratin des syndicats

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SNCF : billevesées, fariboles, balivernes et baratin des syndicats

Message par visiteur le Dim 6 Mai - 13:06

Merci au forum RAIL BRETAGNE PAYS DE LA LOIRE pour ce forum open consacré au conflit social SNCF. 80% des français ne sont pas concernés  par ce conflit car ils utilisent leur véhicule pour leurs déplacements.Ce conflit est plus politique et ce sont les captifs qui en patissent le plus. Je place cet article paru dans Les Echos du 03 mai (il n'est jamais trop tard) qui a le mérite de dire tout haut ce que la majorité des gens pensent tout bas.

SNCF : billevesées, fariboles, balivernes et baratin des syndicats
Georges Fischer / Consultant international Le 03/05 à 10:14
SOURCE : Les Echos



LE CERCLE/HUMEUR - La situation de la SNCF est trop grave pour que les syndicats continuent à développer une argumentation déconnectée de la réalité.

LE CERCLE/HUMEUR - La situation de la SNCF est trop grave pour que les syndicats continuent à développer une argumentation déconnectée de la réalité.

Billevesées, fariboles, balivernes, baratin… La communication des syndicats autour de la grève de la SNCF donne terriblement envie de chercher des synonymes au fameux «bullshit» cher à Laurent Wauquiez, le président des Républicains.
Soyons clairs : il est tout à fait humain et compréhensible que des travailleurs veuillent défendre leur situation et leurs avantages (je n’ai pas dit «privilèges» !). D’ailleurs, si les cheminots continuent à l’être si souvent de père en fils, c’est bien parce que la place n’est pas si mauvaise !
Mais, l’intox de la «défense du service public», qu’on prétend sauver en le bloquant ne prend plus. On a déjà donné pendant la grève de 1995, où on avait fait pleurer dans les chaumières sur la vie familiale émiettée des cheminots… avant que, quelque temps plus tard, un rapport officiel ne souligne que cette contrainte avait été déjà compensée par une réduction significative de la durée du travail hebdomadaire.

Eléments de langage

Aujourd’hui, deux argumentations récurrentes dans les éléments de langage syndical apparaissent particulièrement… énervantes. En premier lieu l’ouverture à la concurrence, censée être porteuse de toutes les catastrophes. Ce n’est certes pas le cas en Italie ou en Allemagne, où les résultats apparaissent plutôt positifs. Mais, surtout, est-on autorisé à faire remarquer que la concurrence est déjà là ! Car, enfin, ladite concurrence ne s’arrête pas à la gare ; on ne peut la réduire aux seuls trains ! La concurrence c’est aussi les cars et le co-voiturage, sans oublier l’avion.


C’est d’ailleurs ce constat qui a fait réagir la SNCF et l’a poussée à lancer les TGV «low cost» et des lignes de cars, ce qui montre bien que la compétition a du bon pour réveiller les belles endormies. Et, résultat paradoxal, la présente grève est un formidable outil promotionnel pour cette concurrence :  les cars font le plein, les plates-formes de co-voiturage fleurissent et, hélas, chaque jour de grève renforce le poids du transport routier au détriment du fret ferroviaire.  
> Tribune : Concurrence dans le ferroviaire : les Français sont prêts
On pourra d’ailleurs remarquer qu’aucun de ces syndicats ne s’est vraiment plaint des effets de la concurrence quand elle était favorable à la SNCF : or n’était-ce pas le cas lorsque l’arrivée des TGV a sensiblement modifié la carte des dessertes des lignes aériennes. Qui se souvient encore qu’on prenait l’avion à Paris pour aller à Lyon ou à Bruxelles ?
Second fantasme : la privatisation de la SNCF. Tout d’abord rappelons les faits juridiques : pour contrôler une entreprise, 50 % + une action suffisent et, de facto, moins pour une entreprise à l’actionnariat dispersé ; nul besoin d’en détenir 100 %. Donc, mettre des actions sur le marché ne veut pas nécessairement dire privatiser. Mais privatiser la SNCF ? Allons donc, qui en voudrait ? Une entreprise surendettée, dont l’exploitation est lourdement déficitaire, même hors service de la dette et dont la «gréviculture» fait obstacle à tout effort de redressement, vous y engageriez votre argent, vous ? Privatisation ne rime pas avec philanthropie !

Spectacle désolant

A ce sujet, qu’on me permette à nouveau une remarque impertinente. Les cheminots insistent à juste titre sur le fait que l’énorme endettement de la SNCF ne leur est pas imputable, mais plutôt à l’inclinaison maladive des politiciens de tout bord et tous niveaux (ministres et élus locaux) à vouloir truffer la France de lignes à grande vitesse sans se soucier de leur rentabilité ; encore heureux qu’on ait échappé à celle, sans espoir de rentabilité, vers Limoges, chère pourtant à un ex-président de la République et qui l’aurait été – chère - à notre portefeuille.
Autrement dit, soyons provocateurs, pourquoi jeter par principe la pierre à la virtuellement catastrophique privatisation éventuelle alors même que la gestion publique, elle, s’est réellement avérée désastreuse, par suite des pressions et de l’incurie des politiques ? Ne peut-on échapper à ce choix funeste, dont la conséquence est que contribuables et consommateurs sont mis à contribution de manière croissante et… hélas, inefficace en proportion ?
> Lire aussi : Le vrai risque pour la SNCF, c'est l'absence de réforme
Puisque nous sommes les payeurs pour ce spectacle, nous revendiquons le droit de dire qu’il est désolant et qu’il est temps de changer de texte et de mise en scène. Du côté des syndicats, il est temps de renoncer aux chimères et aux postures idéologiques pour se confronter enfin et positivement à la réalité.
Du côté des pouvoirs publics, qu’on cesse enfin l’invocation rituelle des pouvoirs magiques de la concurrence qui devrait agir comme une potion miracle pour tout résoudre ; on attend que soient mises en oeuvre les mesures qui éviteront que la gestion publique soit soumise aux caprices des politiques d’une part et des ingénieurs, ayatollahs des technologies, de l’autre. Et si (des deux côtés) on essayait le parler vrai pour changer des billevesées, fariboles, balivernes et autre baratin pour développer un service réellement orienté vers le client ?
Georges Fischer est consultant international







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