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La fin du rail ? Quand un oracle libéral prévoit le transport en 2040...

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BiBi35
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La fin du rail ? Quand un oracle libéral prévoit le transport en 2040...

Message par BiBi35 le Jeu 6 Avr - 11:03

La fin du rail ? Quand un oracle libéral prévoit le transport en 2040...
 
4 avril 2017 | par Marc Fressoz



Le cabinet de conseil américain Oliver Wyman a présenté, fin mars 2017, les conclusions d'une étude prospective sur les transports en 2040. Selon ses prévisions, les acteurs en place ne savent pas s'adapter et les start-up apportent "la couche d'intelligence" qui va tout changer. Simpliste ? Reste que l'étude ne dit pas qui aura mangé qui... en 2040.


Pour imaginer les transports du futur, il y a aussi les films de science-fiction (extrait de Ghost in the Shell). © DR

Qui sera élu président de la République en mai ? Difficile à dire. A quoi ressemblera le transport dans le monde en 2040 ? Facile à prédire, répond le cabinet de conseil américain Oliver Wyman.

Son antenne parisienne a présenté à la presse le 31 mars 2017 les grandes lignes d'une étude mondiale qui porte sur l'Europe, les Etats-Unis et la Chine. Elle a écouté un panel d’acteurs (plus de 200 basés en Europe et aux États-Unis) avant de produire ensuite ses prévisions, dont la substantifique moelle est vendue à des clients.

Des experts très privés

Les acteurs, interrogés par les experts d’Oliver Wyman, ont sont essentiellement privés (26% étant des compagnies aériennes, 19% des instituts de recherche, 17% des opérateurs ferroviaires, 9 % des fabricants d'équipements etc. La voix des pouvoirs publics (gouvernements, autorités organisatrices, régulateurs, etc.) qui ont un rôle non moins important à jouer pour accompagner, gérer les bouleversements du secteur de la mobilité, est quasiment inaudible. Elle représente 1,3% du panel.

Une vision assez binaire

Du coup, c’est surtout le marché qui s’exprime. Ses aspirations, grossies par le prisme libéral prononcé du cabinet Oliver Wyman, aboutissent à une vision assez binaire, pour ne pas dire simpliste des choses.

En fait, cette grille de lecture est presque aussi instructive et intéressante que les résultats de l’enquête eux-mêmes qui ont d’ailleurs été éventés en 2016 par Oliver Wyman Allemagne. La prédiction est que nos déplacements en 2040 seront toujours plus individualisés, connectés et intégrés et qu'on achètera moins de voitures, mode de transport qui sera mieux utilisé, sous forme partagée et sans doute automatique : ça tombe bien, c'est à peu près les tendances qu'on voit se dessiner quand on suit la question dans les médias…

Avoir la couche d'intelligence... ou pas

Revenons à la grille de lecture de l’oracle : il y a d’un côté ceux qui innovent, ces start-up ou nouveaux acteurs de la mobilité qui apportent “la couche d’intelligence“, comme le résument Jean-Pierre Cresci et Anne Pruvot, les co-auteurs de l’enquête. De l'autre, le monde ancien, un peu autiste, pas très efficace qui déclenche des "irritants" chez ses utilisateurs et qui est coûteux au contribuable. Ses incorrigibles défauts offrent autant d’opportunités aux nouveaux acteurs de faire leur trou.

Côté nouveaux acteurs, les sociétés sont classées en six catégories : intégrateurs de mobilité, mobilité partagée, acteurs low cost, challengeurs, conduite autonome, nouvelles technologies de transport. Plusieurs exemples de ces start-up sont cités. Il y a Lyft, Didi, Zipcar, BlaBlaCar, Uber, Waze, Moovit, Google, Zipcar, Car2go, Flixbus, Megabus, l'entreprise ferroviaire italienne NTV “qui s’inspire du monde de l’aérien“, Silex, Hyperloop One, etc.

Le rail, mort et enterré ?

Côté symbole du monde ancien, le rail. Présenté d'une manière si globalisante, qu'aucune nuance n'est permise entre le mass transit (RER, métro) et la longue distance aux logiques différentes. D'ailleurs, dans le monde d'Oliver Wyman, le microcosme des transports urbains et ses problématiques propres n'existent pas.

Pour le cabinet, la mobilité se découpe en tranches : l'air, le rail, le bus (qu'il faut semble-t-il considérer comme l'autocar interurbain), les services de mobilité individuelle partagée que l'étude classe sous l'appellation large de "covoiturage", et le véhicule personnel. Et tout en haut, trônent les services de mobilité intelligente.

Une absence de business model pérenne

Revenons au rail. Le jugement du cabinet de conseil est sans appel : le train est marqué par "un faible taux d'utilisation" du nombre de sièges, de l'ordre d'un peu plus de 30% au kilomètre, estime l'étude. Et il fait face à des problèmes de saturation aux heures de pointe qui le conduisent au déclin, même dans une mégalopole comme Londres. A quoi bon continuer Crossrail ? Comme si l'armada de taxis robots appelée à se lever allait faire mieux. Comme si les problèmes de congestion des voiries urbaines aggravés par le boom du e-commerce et des livraisons urbaines n'existaient pas.

Et défaut aggravant du rail, le retour sur investissement est très mauvais et "les exploitants ferroviaires n’ont pas de business model pérenne", assènent les auteurs qui semblent ignorer la notion de service public. Son avenir serait ainsi écrit : mise en concurrence accrue et baisse des subventions.

Mais quid du modèle économique de tous ces nouveaux acteurs ? On aurait aimé que le cabinet Oliver Wyman nous aide à deviner à quelles conditions et quand la plupart de ces start-up trouveront leur propre modèle économique. Car sauf erreur, à part l'ogre global Google, la plupart de ces jeunes pousses de la mobilité sont dans le rouge depuis leur naissance.

Des start-up en pertes chroniques

Contrairement à certains groupes de mobilités issus du chemin de fer, la plate-forme de VTC Uber n'atteint même pas le petit équilibre bien qu'étant subventionnée en Europe par le contribuable par le biais de l'optimisation fiscale. Ce dispositif lui permet de verser un minimum d'impôts contrairement aux taxis et de participer le moins possible au financement de l'infrastructure qu'elle utilise.
Mais Uber, bien que confronté à d'énormes écueils, peut encore durer. Pour l'instant, le groupe a réussi à dépenser 10 des 16 milliards de dollars levés auprès de financiers.

Ne parlons pas d'Hyperloop, projet qui en est aux balbutiements et qui doit d'abord relever des défis techniques avant d'espérer pouvoir lever des fonds dont le montant s'annonce colossal pour pouvoir passer à l'exploitation. Quant aux compagnies low cost, qui utilisent ce moyen de transport éprouvée qu'est un autocar, "le modèle de Flixbus nous paraît fragile“, note Jean-Pierre Cresci.

L'étude, qui présente les acteurs en place comme dépassés, minimise totalement une certaine capacité de résilience des acteurs en place. Le cabinet Oliver Wyman ignore le travail réalisé dans le groupe SNCF à travers notamment voyages-sncf.com pour présenter un voyage sans couture et proposer “la couche d'intelligence“.
Il ignore également les réflexions de Transdev pour intégrer le véhicule autonome et le covoiturage dans son offre. Cette dialectique entre l'ancien et le nouveau monde pourrait donner des combinaisons surprenantes, toniques qui semblent absentes des interrogations.

Comment tournera la bataille avec Google ?

En tout cas, la bataille va certainement se jouer entre les acteurs en place de la mobilité (opérateurs, constructeurs auto et ferroviaires) et Google afin de trouver une alternative au modèle hégémonique que sa maison mère Alphabet cherche à étendre peu à peu. Il aurait été intéressant d'avoir l'avis des 200 acteurs sondés sur la place de Google et d'autres dans l'univers de mobilité en 2040.

Ainsi, on retiendra de cette étude, destinée à guider les choix structurants des investisseurs pour les 25 prochaines années, qu'elle flèche deux domaines phares : le véhicule autonome et partagé ainsi que le plates-formes de services. Elles capteront une part importante de la valeur et recueilleront une part relative importante des dépenses du consommateur. En Europe de l'Ouest, sur 100 euros dépensés dans la mobilité, 74 sont aujourd'hui consacrés à la possession d'une voiture. En 2040, cette part tomberait à 56 euros contre 16 euros pour la voiture partagée qui représente aujourd'hui une dépense de 3 euros.

Attendons 2040, on verra bien si les oracles ont raison…



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Sud ouest Rail

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Re: La fin du rail ? Quand un oracle libéral prévoit le transport en 2040...

Message par Sud ouest Rail le Jeu 6 Avr - 16:27

mal barré le Rail !
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